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 A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)

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MessageSujet: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Lun 23 Avr - 18:31

Dans l’ensemble, tenir un bar était un job qui plaisait plutôt à Wayne. Il pouvait évidemment boire lui-même à l’œil, rencontrer des gens de tous les horizons et entendre toutes sortes d’histoires, farfelues ou porteuses de messages pleins de sagesse.
Plus jeune pourtant, à l’époque où il était encore humain, créer des liens avec les autres relevait de la mission impossible. Ses sujets de conversation n’intéressaient généralement que lui (et ses professeurs de sciences et biologie) et il avait du mal à se montrer à l’écoute des autres, finissant toujours par se laisser aller à réfléchir à des choses et d’autres, se déconnectant de la réalité. Ses sœurs étaient les seules à le comprendre, l’apprécier à sa juste valeur et formaient à elles deux sont cercle très fermé d’amis. Ridicule quand il y repensait mais à l’époque, il s’en contentait. Aujourd’hui, pour quelques minutes, quelques heures dans les cas les plus désespérés, il devenait le meilleur ami, la bouée de secours de tas de paumés en manque d’affection ou d’attention. Drôle, spontané, il avait toujours un mot gentil à placer, un trait d’humour à vous servir en même temps que votre verre.
Il se faisait draguer au moins une fois par soir, par tous les sexes et toutes les races et terminait minimum deux fois par mois à l’étage avec un de ses clients, habitués ou de passage. Ses sœurs et anciens camarades de lycée ne l’auraient assurément pas reconnu. Auraient-ils été impressionnés, choqués ?
Parfois Wayne s’imaginait tomber par hasard sur ses sœurs dans les rues. Passé la surprise, il s’imaginait leur tomber dans les bras et les entrainer ici pour leur montrer ce qu’il était devenu. Il se voyait mettre tous ses clients dehors, fermer le bar et les faire s’installer sur les tabourets pour leur raconter sa vie, en commençant par l’étape de sa mort. Pour une fois, il n’aurait pas à écouter, le barman serait le narrateur et toute l’attention serait portée sur lui… Evidemment, viendrait bien le moment de les voir déballer les photos de leurs maris et gosses pour se raconter en images, mais d’ici là, le soleil serait déjà en train de se lever.
Mais de toute façon, la question était réglée : il ne pouvait pas sortir du Disctrict 7. Ce qui ne l’empêchait pas de le faire en cas de nécessité, mais la plupart du temps, pour ne prendre aucun risque, il louait les services d’humains ou de lycan implantés de l’autre côté du mur, à qui il avait fourni des papiers. Ca lui laissait peu de place pour parcourir la ville et espérer tomber sur Jo ou Erin.
C’était aussi pour cet aspect que Wayne appréciait son boulot. Il pouvait recueillir des informations sans avoir à se vraiment se déplacer et les entendaient toutes sortes de rumeurs en tendant un peu l’oreille. Certaines lui avaient permis de se remplir les poches, d’autres de venir en aide à certains lycans en difficultés.

« Hey Wayne ! Tu m’en remets un ? »
« Tu vas l’payer ? »
« Bah ouais ! Pour qui tu m’prends » gloussa Kurt, un lycanthrope manchot qui trainait sa bosse ici depuis l’ouverture du Hairy Dog.
« J’sais pas, j’commence à m’demander si on t’a pas coupé cette main parce que tu payais pas tes dettes »
« Va t’faire foutre, fils » grogna le loup en tendant son verre que Wayne remplit de bon cœur « Quel temps d’merde »

Wayne jeta un œil en direction des vitres colorées du bar pour constater une fois encore qu’il pleuvait à verse dehors. Le même temps depuis une bonne semaine maintenant.

« Temps d'chien ouais. C’est mauvais pour le business »
« Tu peux compter sur moi pour venir trainer mon cul poilu ici peu importe le temps ! »
« Je sais… C’est justement le souci ! Y a rien d’pire que l’odeur du chien mouillé ! Ça fait fuir les clients »
« Qui tu traites de chien, fils ? »

L’air grognon, il fit mine de claquer des mâchoires avant de retrouver son sourire. Un sourire édenté de vieux loup d’mer. Enfin de vieux loup tout court. Kurt ne mentait pas en lui assurant qu’il ferait le déplacement qu’il pleuve, vente ou neige. En réalité, Wayne savait que le jour où ce bon vieux lycan ne serait pas derrière la porte à l’ouverture, il aurait une couronne de fleurs à acheter pour le déposer sur sa tombe… Encore qu’il n’était pas certain que Kurt apprécierait le geste.
Il s’éloignait pour s’occuper de son inventaire (rien de mieux à faire avec seulement quatre clients à servir à une demi-heure de la fermeture), lorsque la petite clochette située au-dessus de la porte s’activa. Tous les regards convergèrent dans cette direction. Si l’odeur de chien mouillé dégoutait Wayne, celle de l’humain mouillé l’excitait… Et celle de Danhiel plus encore.

Qu’est-ce qu’il foutait là ?

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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Lun 23 Avr - 21:57

- Est ce que tu peux imaginer la honte que j'ai pu ressentir quand on m'a raconté ta petite sortie ?!!!! Tous mes collègues étaient la, tous !!! Des mois de travail impeccable, cachés par tes conneries !! 

Il cri, il hurle, il frappe, alternant les coups de pieds, les coups de semelles et les coups de ceinture.
Il cri, il hurle, il frappe, mais je n'entends plus grand chose, prostré dans un monde de douleur, j'attends juste que sa colère passe... 
Quand il me soulève par les cheveux pour me redresser et que sa voix de charge d'une rage nouvelle, je lui demande pardon, je lui jure que ça n'arrivera plus, je lui assure que c'était la dernière fois. Je lui promet mont et merveille, n'importe quoi, tout ce qu'il veut entendre, tout ce qui pourrait calmer la fureur de ses coups. 
Mais rien n'y fais, une gifle et je retombe par terre, à la merci de ses chaussures et de sa ceinture...

- Oh que oui ça n'arrivera plus !!! Et tu sais pourquoi ?!!! 


La question est purement rhétorique évidement. Il disparaît du salon, me laissant quelques minutes de répit, je me redresse difficilement, essuie mes larmes, ravale celle qui menace de perler avant de me recevoir un sac dans le ventre. 
Encore ouvert, quelques unes de mes affaires en sortent... Fébrile, presque hystérique, il me relève par le col de mon haut, me traînant jusqu'à la porte qu'il ouvre sans me lâcher; et surtout sans me laisser le choix. 

- Puisque tu es si bien dans le district 7, je t'en prie, va y vivre et ai y la décence d'y mourir !!!!! Je ne veux plus te voir, ne fous plus les pieds ici, ou je t'achèverai moi même !!!!


Il me balance dehors, et je me rétame sur le bitume, pour le moment incapable de me redresser. La pluie battante plaque les cheveux contre mon visage, et mon haut contre ma peau amochée. 
Il ne me laisse pas plus de temps que ça pour m'en remettre, il sort à son tour, me redresse lui même, avant de me pousser encore et encore, me dominant de toute sa taille, de toute sa hargne et de toute sa haine. 

- va t-en !!! Va t-en !!! VA T-EN !!!

Fuyant ses coups, et surtout la douleur de sa fureur, je prend mes jambes à mon cou, la vue brouillée par les larmes, le sang et la pluie. 

                     -------------

J'ai faim, j'ai froid, et j'ai peur. Sept jours que je suis dehors, sept jours de galère, de cauchemar et de trouille. 
Pourtant, ce n'est rien comparé à celle qui me cloue sur place, juste devant la porte du Hairy Dog, depuis une bonne demi heure déjà. 
Je n'avais pas foutu les pieds dans le D7 depuis qu'il m'avait mis à la porte, vu l'état dans lequel il m'avait laissé, cela aura été du suicide.
J'y ai pensé pourtant, mais un semblant de raison m'a finalement poussée dans un squatt qu'occupait un dealer avant de se faire arrêter. 
J'y ai passé les premiers jours, sans bouger, sans manger, priant le premier dieu qui voudrait m'entendre de bien vouloir faire taire la douleur qui étreignait chaque parcelle de mon corps... Mais rien y a fait...
Au bout du 3ème jour, la souffrance n'avait pas disparut, mais je commençais à m'y habituer... Et surtout, surtout, j'avais soif, j'avais faim. 
J'ai dépensé le peu de tune qui me restait pour un sandwich, une bouteille et une dose de came, suffisante pour me faire dormir, mais pas assez pour me faire rêver.
Le 5eme jour, j'ai tourné autour du district sans y entrer, de même que le 6eme....
Et le 7eme, j'ai percuté en sortant du brouillard qui voilait mon esprit. Il me faut des tunes... Si je veux des tunes, c'est un client qu'il me faut, si je veux un client, c'est au D7 que je dois aller.
Ce que je n'ai pas tardé à faire, ce qui m'a conduit tout droit devant le Hairy Dog...

Je ne devrai pas y rentrer pourtant, tout ça c'est à cause de Wayne. C'est SA faute, parce qu'il a été trop lâche pour assumer seul les conséquences de ses privations, parce qu'il a eut les couilles de se dresser contre Cee mais pas celles de l'affronter, parce qu'il a voulu jouer avec moi, sans aller jusqu'au bout.
Je ne devrai pas y rentrer, pourtant, trempé et frigorifié, je pousse la porte, faisant teinter la petite clochette. 
Les regards se braquent vers moi, mais je garde la tête bien dressée, espérant que ce n'est pas à cause de l'odeur sanguine qui aurait persisté malgré la semaine écoulée. 
Un pas puis un autre et j'avance jusqu'au bar, m'asseyant sur l'un des sièges, non loin d'un loup  manchot... 
Ma tête se pose sur le bar et je referme quelques brèves secondes les yeux. 

- un whisky.

Finis je par lâcher...
Je ne le regarde même pas vraiment, je me refuse à le voir... Je ne sais même pas pourquoi je suis venu. 


Dernière édition par Danhiel O. Ludwig le Mar 24 Avr - 1:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Lun 23 Avr - 22:33

C’était une blague ? Wayne échangea un regard interloqué avec Kurt qui finit par détourner le regard, préférant observer le gamin perché sur l’un des sièges de bar à ses côtés, ses sourcils broussailleux et épais froncés. Le temps paraissait s’être figé depuis son entrée dans le Hairy Dog, tout comme le quelques clients, intrigués par l’arrivé de ce client à la tronche de travers qui, il fallait l’avouer, ne sentait pas la rose. Un mélange de poussière, de sueur et de sang. Et quelques autres effluves indéfinissables dont Wayne préférait étouffer la provenance.

« Sale journée ? » finit par demander Kurt, se penchant vers Danhiel avec son verre.

Ces quelques mots arrachèrent enfin le barman à sa torpeur et, sans prendre évidemment le temps de servir son whisky à l’adolescent ou celui de faire le tour du bar, il se hissa sur le comptoir. Après avoir balancé ses jambe de l’autre côté du meuble, il sauta au bas avec agilité pour venir apposer sa main sur l’épaule de Doll.

« Qu’est-ce qui t’es arrivé ? Qui a fait ça ? »

Mais le gosse ne répondit pas, gardant la tête sur la surface boisée du vieux comptoir élimé. Wayne referma alors sa main sur le tissu de son veston et l’obligea à se redresser sans beaucoup de douceur. De l’autre main, il saisit le menton de Danhiel et, se tenant à ses côtés, examina son visage. Son arcade semblait avoir cicatrisé comme il le fallait, mais une nouvelle marque tirant sur le jaunâtre, recouvrait sa pommette droite et son œil gauche était poché. Ses joues lui paraissaient plus creusées que la dernière fois, ses yeux injectés de sang étaient cernés et ses lèvres sèches et gercées.

« Bon Dieu, à quoi tu joues exactement ? Ton but c’est de tout faire pour arrêter de lui ressembler ? Parce que tu vas finir par y arriver ! Tu vas même finir par plus ressembler à rien ! » s’agaça Wayne en le relâchant, posant ses mains sur ses hanches, contrarié.
« Tu connais ce p'tit humain ? C'est qui ? »
« Personne, Kurt. Il est pas là d’ailleurs, il a rien à foutre ici »

Il vit un éclair de colère passer dans le regard du gamin qui allait certainement jouer les ados, s’emporter et lui crier que, puisque c’était comme ça, il allait repartir à sa maison. Bla, bla, bla…

« Commence pas à jacasser et oublie le whisky, c’est pas de ça que t’as besoin. Kurt, tu gardes un œil sur lui, je vais te préparer quelque chose de chaud à manger. Le laisse pas partir »
« Comment j’pourrais surveiller quelqu’un qu’est même pas là »
« Me fait pas chier, Kurt ! » s’emporta le barman en jetant à son ainé un regard au moins aussi assassin que celui qu’avait porté Doll sur lui un instant plus tôt.
« Ok, ok… Pas la peine de s’énerver, j’vais te l’baby sitter moi ton petit… C’est quoi ton nom, p’tit père ? »

Wayne jeta un dernier coup d’œil sur le lycan, puis un autre, inquiet, sur l’humain, avant de s’éclipser dans la petite kitchenette où il comptait lui faire réchauffer une bonne soupe et un peu de pain à l'ail. Ou bien un bon steak et quelques frites... Plutôt les deux vu sa tronche...
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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Lun 23 Avr - 23:28

Je pourrai presque dormir pour le coup, qu'importe que le bar soit occupé par les Lycans, que le comptoir soit dur et froid ou que je sente le regard stupéfait de Wayne, pesé sur mon corps meurtris, c'est la première fois depuis une semaine que je me sens enfin en sécurité.
Mon père ne viendra pas me chercher ici, je ne sentirai plus la morsure de sa ceinture déchirer ma chair, ou la force de sa chaussure me fracasser une ou deux côtes... 
Ici, aucun loup ne viendra renifler l'odeur de mon sang, avec l'envie à peine cachée de me bouffer...
Ici je suis en sécurité, pour la simple et bonne raison, qu'ici, c'est le royaume de Wayne...

Je ne bronche même pas quand le lycan manchot se rapproche de moi, mon nez se retrousse juste sous l'odeur de l'alcool qui, au final, me donne envie de gerber... 
Je tremble sans doute de froid, ou sous le coup d'une douleur qui ne me quitte plus, depuis une semaine déjà, mais je m'en fou...
C'est fini maintenant, c'est fini, j'en suis sur... 
J'entends Wayne passé par dessus le comptoir, et je sens sa main sur son épaule. Il me parle, mais je l'entends à peine, mon cœur cognant à vive allure contre ma tempe...
Je sais que ce sont des questions, qu'il doit sans doute s'interroger sur mon état, tenter de percer le pourquoi du comment, mais à cet instant précis, tout ça me semble secondaire...

Je somnole presque lorsqu'il me redresse sans ménagement, me rappelant de part sa violence mon père... J'ouvre les yeux brutalement, m'attendant presque à le voir... Mais y'a que le gérant du Hairy Dog, visiblement en colère. Logique en même temps, il ne doit pas être des plus heureux de me voir la, ça doit même le faire chier...
Vengeance. 
Il gueule... Je saisis l'essentiel du discours, mais ne retient qu'une
Chose. " À quoi tu joues ?" 
J'ai vraiment l'air de m'amuser la ?! De me fendre la poire et de me rouler par terre en me pissant dessus de rire ?! Mais merde ! Il croit la ?! Que ça me fait triper ?! Que je me suis marré lorsqu'il a passé ses nerfs sur moi ?!
La

Sécurité s'efface, laissant place à la colère, une colère qui s'incruste, alors qu'il en rajoute encore. "il a rien à foutre ici" 
Connard !!! C'est ta faute tout ça !!! Chaque coup, chaque marque, chaque plaie, c'est sa putain de faute !!
Je me mord ma lèvre déjà malmené, pour éviter de lui balancer quoique ce soit à la gueule et repose mon cul sur le siège, ma tête retrouvant sa place sur le comptoir. 
Wayne à tort, un whisky, c'est exactement ce qu'il me faut... Je ne suis même pas sur de pouvoir avaler quoique ce soit, malgré la faim qui me tenaille.

- Doll...

- Doll ? Ce n'est pas un prénom ça, petit père. 

- Danhiel.
- ah bah, c'est déjà mieux, moi, c'est Kurt...


Ça fait des jours que je n'avais pas parlé. Ma voix me semble lointaine, pâteuse, appartenant à une tout autre personne que moi. 
Je passe ma langue sur mes lèvres pour tenter de les humidifier un peu et me redresse, regardant quelques secondes Kurt. Je tends la main, chope son verre et le bois cul sec... Rien à foutre de savoir ce que c'est. Je ne sens qu'un goût amer, et brûlant qui me réchauffe la trachée puis le ventre. Je tousse légèrement et repose le verre, profitant de cette vague de chaleur plus que bien venu. Je suis persuadé que le dénommé Kurt m'a laissé faire, ce n'est pas avec mes réflexes ralenties que j'aurai pu baiser un lycan au jeu de la rapidité... 

- Tu m'dois un verre P'tit homme.


Je me contente d'un vague hochement de tête et passe mes doigts mes cheveux trempés.

- c'est pas très jolie ça, tu devrai l'montrer à notre barman préféré. 


Il pointe de sa seule main mon flanc découvert par mon haut remonté... Je secoue la tête, remet mon Tee-shirt en place et fixe les bouteilles d'alcool derrière le bar...
Je veux me taper la cuite du siècle.


Dernière édition par Danhiel O. Ludwig le Mar 24 Avr - 1:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Mar 24 Avr - 0:29

Wayne était tenté de retourner jeter un œil sur le gamin, mais il s’en empêchait à chaque fois, se concentrant (ou s’y essayant tout du moins) sur la nourriture qu’il faisait chauffer. Rien de très sain, mais c’était au moins nourrissant et ça ferait du bien à Danhiel dans son état déplorable. Pour le moment, mieux valait qu’il fasse le vide, calme ses nerfs à vifs et ne retourne pas dans le bar tout de suite, sous peine de se défouler sur l’adolescent qui n’avait pas besoin de ça pour le moment. Un millier de questions lui brûlaient les lèvres : qui lui avait fait ça ? Pour quelles raisons ? L’avait-il cherché ou non ? Depuis combien de temps était-il dans cet état ? Avait-il tenté de se faire soigner par quelqu’un ou avait-il préféré souffrir en silence ? Est-ce que c’était arrivé au district ? Faisait-il la pute quand c’était arrivé ?
Qu’est-ce qui serait le plus agaçant ? Que Danhiel ait mérité ce passage à tabac ou qu’au contraire, il ait été agressé gratuitement ?
Qu’était-il en train de faire pendant que le jeune homme se faisait battre à mort ? Où était-il, lui qui s’était juré de le défendre ?

La sonnerie du micro-onde retentit soudain, le faisant sursauter. Wayne attrapa le bol et le déposa sur une petite assiette, sur le plateau. Il s’occupa ensuite du steak cuit à point qu’il avait un peu négligé en se perdant dans ses pensées, et le fit glisser dans l’assiette contenant déjà quelques frites réchauffées à la va-vite. Le gérant du Hairy Dog souleva ensuite son plateau repas pour retourner dans le bar. Kurt leva les yeux vers lui en le voyant reparaitre, mais Wayne n’avait d’yeux que pour l’adolescent. Il avait une mine affreuse et la colère du barman s’accru encore un peu.
Il vint déposer le plateau sur le comptoir, tirant le tabouret le plus proche pour se coller à celui de Danhiel.

« Il a pas l’air très en forme ton copain » lui fit remarquer Kurt.

Wayne lui jeta un rapide coup d’œil dépité avant de redonner toute son attention au jeune homme hagard qui observait le contenu du plateau.

« Il faut que tu manges. Ce que tu veux, mais tu avales quelque chose » lui ordonna le lycan en désignant le plateau, peinant à garder son calme.

Pas avec son visage marqué, cerné juste sous le nez. Pas en entendant son cœur battre si faiblement juste à côté de lui. Comment pourrait-il rester insensible ? Il avait envie de le secouer, de le cogner pour le faire parler, lui permettre de comprendre. Mais ça n’aurait aidé personne, bien entendu.
Agacé, Wayne se remit finalement sur ses pieds, incapable de rester en place et il fit face au restant de la salle.

« Messieurs, …mademoiselle, je vais vous demander de quitter le bar. On ferme ! »

Il s’attendait à des protestations mais les quelques clients présents se levèrent et se dirigèrent vers la sortie, sans demander leur reste. C’était l’avantage avec les habitués, ils savaient qu’ils pourraient revenir dès le lendemain consommer et le connaissait assez bien pour savoir qu’il se rachèterait d’une manière ou d’une autre. Parce que tant qu’ils étaient assis là, ils étaient les meilleurs amis du monde et se comprenaient…
Satisfait, Wayne se retourna vers Danhiel, alors que Kurt se remettait sur jambes et s’apprêtait à aller affronter la pluie battante.

« Prends soin d’toi, p’tit homme » lança-t-il au gamin qui avait commencé à manger, lui donnant une petite tape de son unique main sur l’épaule « A demain, fils »

Wayne approuva puis le raccompagna jusqu’à la porte pour la verrouiller derrière lui et retourner le petit panonceau pour indiquer que le Hairy Dog était fermé. Il retourna ensuite vers le bar, se pencha au-dessus pour attraper un torchon et vint se placer derrière le garçon. Il posa sans prévenir le torchon propre sur son crâne et commença à frictionner lentement ses cheveux détrompés.

« J’vais aller te chercher des vêtements secs » lâcha-t-il distraitement, abandonnant l’essuie autour de ses épaules « Mange »

Et sur ces mots, il se dirigea vers l'étage dans l'idée de récupérer des affaires pour lui.
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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Mar 24 Avr - 1:18

La tête me tourne, mais je ne bouge pas, je ne bronche pas, j'attends juste que ça passe. J'en ai pris l'habitude ses derniers jours et je sais que ce n'est que passager. Un mauvais moment à passer, une porte vers l'inconscience que la douleur vivace finira par me refermer en pleine gueule...
Je laisse cependant l'engourdissement typique du malaise me saisir, après avoir remis mon haut en place pour ne laisser aucune parcelle de peau à la porter du regard curieux de Kurt. Ma tête revient une fois encore sur le comptoir, et mes yeux se ferment, lentement.
Un vertige puis un autre, les bouteilles d'alcool se brouillent et ses floutent, tout s'assombrit, la lumière semble s'engouffrer dans un trou noir, et les contours des objets s'effacent. Je bats des cils, chassant les quelques larmes qui brouillent ma vue.
La nausée me monte à la gorge en sentant l'odeur de bouffe, et je me laisse de plus en plus sombrer dans une torpeur proche du néant.
L'alcool m'y aide.
Elle noie mes pensées dans une douce chaleur réconfortante, et embrouille mes souvenirs.
Pourquoi Wayne me refusait un soulagement aussi facile ? Il devait vraiment me haïr, vraiment me détester pour vouloir me laisser patauger dans ma souffrance, alors que mon salut ne dépendant que d'un verre.
Ce n'est qu'un sadique.

Mes yeux se sont définitivement clos, sans que je ne m'en rende compte, et j'aurai pu sombré, si une boule de chaleur ne m'avait pas tirer un frisson. Je sursaute brusquement alors que l'impression de tomber dans un gouffre m'ouvre brutalement mes paupières. Mon coeur devrait s'accélérer mais rien n'y fait...
Je me contente de fixer le plateau à présent sous mon lit, avec l'envie insoutenable de le balancer à terre.
J'ai faim, mais je ne me sens pas la force de manger. Ca me semble impossible, presque trop dur, rien que d'ouvrir la bouche...
Je secoue d'abord la tête, fixant mes prunelles azurs sur le steak, puis les frites, et enfin la soupe...
Kurt me tapote doucement l'épaule comme pour m'encourager, avant que Wayne ne parle...
Je n'entends qu'un brouhaha sourd.
Prenant sur moi, ma faim prenant le pas sur le reste, je rapproche le plateau et prends une cuillère pour boire la soupe, quelques gorgées, puis je me saisit du bol pour le boire...
Une douche chaude, brûlante, réconfortante, traverse tout mon corps... Mon estomac semble se réveiller.

De même qu'un certain réflexe lorsque Wayne pose sa serviette sur mes cheveux trempés, mon souffle se coupe, je m'attends à des coups, de la colère, une certaine rage, mais il se contente juste de m'essuyer tant bien que mal. Je le laisse faire, cessant de manger.
Je réfléchirai au pourquoi du comment plus tard, quand je serai en état. Il parle, je saisis l'essentiel, c'est déjà mieux que tout à l'heure.
Je reporte mon attention sur la soupe, jusqu'à percuter.... Si je dois me changer, il verra forcément les traces de coup...
Comment réagira t-il ?
Je ne veux pas qu'il me vomisse encore sa morale. Qu'il me répète que c'est ma faute, que je l'ai mérite, que j'aurai du faire attention, ne pas trainer ici, ne pas faire si, ne pas faire ça...
Je ne m'en sens pas la force... Et puis, je ne veux pas non plus de sa pitié... Sauf si... Sauf si il s'en amuse. Après tout, jusqu'à maintenant, il a sourit de tout, s'est moqué pour un rien...
Aujourd'hui ne sera pas différent.
La honte me colle déjà à la peau alors que je repousse le bol, sans plus y toucher, l'appétit coupé net.

Je me redresse, surpris que mes jambes arrivent encore à me porter, et me dirige droit vers la porte que je veux ouvrir... Mais rien n'y fais. Je ne pense pas à la clé, je ne pense pas à la tourner dans la serrure, je pense juste à la honte, je secoue la poignée de plus en plus violemment, avant de shooter dans la porte.
Mauvaise idée... Quelques larmes souillent mes joues et je me laisses glisser le long du mur...

-Putain
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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Mar 24 Avr - 1:43

Wayne n’était pas tranquille à l’idée de laisser l’adolescent seul en bas et il regrettait de ne pas avoir demandé à Kurt de s’attarder encore un peu pour l’empêcher de faire une ânerie. Il y avait un peu trop de bouteilles à la portée du gamin pour qu’il puisse se sentir rassuré… et le gamin était dans un état trop déplorable. Le lycan tentait de tendre l’oreille, s’attendant à tout moment à l’entendre chuter ou à entendre une bouteille se briser sur le sol, échappant à la main tremblante et peu assurée du gamin. Le gérant du bar, exceptionnellement fermé pour la soirée, attrapa un tee-shirt, un sweat large à capuche, des sous vêtements encore emballés (il n’en portait quasiment jamais, se sentant plus à son aise, nu dans ses jeans) et un vieux jean justement qui datait de son adolescence et qui trainait en bas de son armoire.
Un bruit à l’étage inférieur attira soudain son attention.

« Merde »

Les bras chargés des vêtements qu’il comptait céder à Danhiel pour remplacer les siens, imbibés d’eau et malodorants, il redescendit les escaliers quatre à quatre pour rejoindre le bar. Comme il l’avait prévu, il trouva le petit brun gringalet assis contre le mur près de la porte d’entrée qu’il avait verrouillé un peu plus tôt. Poussant un soupir dépité, il déposa les fringues sur le comptoir (faisant tomber le pack de boxers et le tee-shirt sur le parquet élimé) puis vint à sa rencontre, s’accroupissant devant lui.
Sans rien laissé paraitre de son trouble, Wayne observa les joues crasseuses et striées de larmes brûlantes que Danhiel laissait échapper. Il laissa échapper un nouveau soupir avant d’étendre son bras pour effacer quelques larmes d’un revers de son pouce, son regard plongé dans celui, mouillé, de son vis-à-vis. Il laissa le silence s’épaissir, un demi-sourire flottant sur le bas de son visage. Wayne ne voulait pas qu’il pense qu’il était en train de se moquer de lui, tout ce qu’il voulait, c’était le mettre en confiance, lui faire comprendre qu’il ne le jugeait pas et que ça n’était pas grave. Doll pouvait bien pleurer, il était en sécurité ici et avait carte blanche pour se laisser aller. Tant qu’il ne se mettait pas à vider ou briser ses bouteilles hein...

« J’t’ai apporté des fringues. Tu peux aller t’changer dans les chiottes » proposa-t-il après quelques instants « Tu auras besoin d’aide ou ça va aller ? »

Inutile de le brusquer et de prendre le risque qu'il se vexe. Il était dans un sale état et la dernière chose qu'il voulait, c'était lui donner envie de prouver qu'il était capable de faire telle ou telle chose et se fatigue bêtement.
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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Mar 24 Avr - 2:16

Je veux partir, loin, très loin. Quitter le District 7, pour le fuir, lui. Lui et le putain de sourire niais et moqueur qu'il ne tardera par à afficher quand il redescendra. Quand il verra les coups que j'ai sans doute mérité. J'imagine sans mal son rictus méprisant s'agrandir au fur et à mesure qu'il découvrira les bleus, les marques de ceinture, les quelques blessures ouvertes. Est ce qu'il s'intéressera toujours à mon père après ça ?
Oui, forcement oui. Pourquoi en serait il autrement ?
Je veux partir, loin, très loin... Mais pour aller où ? Si je rentre à la maison, même après une semaine, il me remettra dehors, après m'avoir fait comprendre que non, je n'étais plus le bienvenu.
Quoique je dise, quoique je fasse, j'avais été visiblement trop loin. J'avais ruiné sa réputation, ou quelque chose dans le genre, et il ne pourra pas me le pardonner. Comme il n'a jamais pu pardonner à ma mère d'avoir voulu aider les lycans...
Je referme les yeux, shootant plusieurs fois le vide de mes pieds... Je relève les yeux vers la porte, avec l'espoir qu'elle s'ouvre alors que j'entends Wayne descendre les marches quatre à quatre.
Je ferme les yeux pour ne pas le voir arriver, et surtout, pour ne pas voir son sourire se dessiner sur ses lèvres rosées.

Je l'écoute marcher, puis se rapprocher, posé ce qui doit être les vêtements sur le bar, et enfin, s'avancer jusqu'à moi.
Il s'agenouille, et je peux sentir son bras se tendre. Mon corps entier se crispe dans l'attente d'un coup. Mes muscles se tendent, mes dents se serrent, ma main se lève presque pour me protéger de l'éventuelle violence à venir...
Mais rien ne vient.
Si ce n'est son pouce sur mes larmes.
Surpris, j'ouvre les yeux, rencontrant son regard presque neutre, presque indifférent.
Je me donne peut être trop d'importance, il a surtout été moqueur avec Cee... Avec moi, il a surtout jouer. Au fond, en a t-il seulement quelque chose à foutre ? Je ne comprend toujours pas pourquoi il a fait tout ça. Pourquoi il continue à vouloir me tendre la main...
Si il devait se racheter aux yeux de ma mère, il l'a fait en envoyant Cécile au trou pour quelques temps.

Je secoue la tête à sa tirade, une fois encore, je ne saisis qu'une mot sur deux, mais je comprends l'essentiel.
En guise de réponse définitive, je me redresse en m'aidant du mur, et reprends la route vers le bar. Je me saisis de ce qui y traine, ramasse ce qui était tombé, ne cherchant plus vraiment à nier la douleur.
Elle est là, c'est tout. Elle irradie tout mon corps à chaque souffle, et a été ma compagne durant toute cette semaine... Je n'ai jamais été seul, elle ne m'a jamais quitté.
Je vais jusqu'au toilette, et referme la porte derrière moi, balançant les affaires dans un coin...
J'évite les miroirs comme la peste et finit par retirer mon haut encore trempé. Je me mord la lèvre à sang pour ne pas crier de douleur quand le tissu effleure mes plaies. D'autres larmes affluent mais je les ravale, de même que le sanglot qui m'obstrue la gorge. Le tee-shirt tombe sur le sol, et me penche pour ramasser l'un de ce qu'il m'a ramené.
J'inspire longuement, me préparant déjà à une nouvelle vague plus violente. Mon souffle tremble, vacille... Et au final un sanglot m'échappe.
Je finis par balancer le haut avec le peu de force qui me reste... Mes jambes se dérobent finalement sous mon poids et je me laisse tomber à terre...
Je referme les yeux quand ma tête touche le sol...

J'suis fatigué maintenant... Je veux juste dormir.
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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Mar 24 Avr - 14:27

Mmh… Vraisemblablement, son plan génial avait lamentablement échoué derrière la porte des toilettes du Hairy Dog. Wayne était en train de remettre un peu d’ordre derrière le comptoir, l’oreille toujours aux aguets et prêt à débouler à l’intérieur de la salle d’eau réservée aux clients en cas de souci, lorsqu’il entendit le choc. Il se retourna dans un réflexe, laissant échapper les bols de cacahuètes (heureusement en plastique) qu’il avait dans les mains pour se jeter à corps perdu en direction des toilettes, lorsqu’un doute le prit soudain. Il s’était tellement imaginé quel bruit ferait le corps frêle de Danhiel lorsqu’il s’effondrerait qu’à présent, le barman n’était plus certain de l’avoir réellement entendu. Peut-être que c’était simplement la manifestation de sa crainte, que tout s’était passé dans son esprit uniquement. Le lycan resta ainsi figé durant quelques secondes avant de réaliser que, chute ou pas chute, aller vérifier que tout se passait bien là-dedans ne pourrait faire de mal à personne, surtout pas à l’adolescent.
Il fut devant la porte en quelques secondes et y frappa deux coups assurés.

« Tout va bien là-dedans ? » héla-t-il avant de laisser passer une dizaine de secondes d’un silence de mort qui lui parurent s’étirer une bonne minute « Doll, si tu réponds pas je rentre »

Mais là encore, il ne reçut aucune réponse et se décida rapidement à pousser la porte d’un coup d’épaule pour pénétrer dans le local mal éclairé. Pas assez pour qu’il peine à repérer la forme de son corps recroquevillé sur le vieux carrelage froid. Wayne se précipita en avant, jurant entre ses dents avant de se laisser tomber aux côtés du gamin au corps perclus de coups, de coupures en tout genre, certaines en voie de cicatrisation, d’autres plus récentes et visiblement infectées. C’était donc de là que provenait l’odeur qu’il n’arrivait pas bien à identifier…
Wayne fit pivoter le gamin jusque là en position fœtal pour mieux observer l’étendu dégâts, lui arrachant un gémissement plaintif. Danhiel frissonna, rouvrit les yeux un instant, puis les referma, dans les vapes. Le lycan attrapa son poignet pour prendre son pouls, prêtant l’oreille aux battements irréguliers de son cœur. Il avait de la fièvre et la pluie couplée au vent n’étaient pas les seules responsables de ses tremblements.

« Je tuerai celui qui t’a fait ça » cracha Wayne entre ses dents, sans vraiment savoir d’où lui venait cette rage bouillonnante qui le faisait lui-même trembler.

Fort de cette pensée en tout cas, le loup passa un bras sous les cuisses de Danhiel, l’autre sous sa nuque, avant de le soulever du sol sans le moindre mal. Il assura sa prise une fois redressé, chuchotant quelques paroles réconfortantes à l’adolescent à demi-conscient qui reprenait ses geignements.
Il monta précautionneusement les escaliers et se dirigea vers sa chambre où il déposa le corps inanimé de Danhiel sur les draps. Après l’avoir confortablement installé sur le lit, il se dirigea vers la salle de bain pour récupérer une fois encore sa trousse de premiers secours et l’utiliser pour panser les plaies suintantes de l’humain. Il fallait absolument qu’il fasse descendre sa fièvre, le gamin était brûlant. Wayne termina donc de le déshabiller précautionneusement, rageant à chaque nouvelle marque qu’il découvrait sur sa peau blanche.

Une heure s’était écoulée le temps qu’il termine de panser ses plaies. Il avait tiré Danhiel de sa léthargie quelques fois, lui arrachant quelques larmes et autres plaintes déchirantes, mais chaque fois, l’épuisement et la fièvre avaient fini par avoir raison du garçon qui ressombrait immanquablement dans l’inconscient. Wayne avait été rechercher les vêtements qu’il avait prévu pou lui entre temps, mais il s’était contenté de lui enfiler un sous vêtement propre avant de s’étendre dans le lit à ses côtés pour lui servir de bouillote humaine.
Au cours de l’heure suivante, il tenta de faire avaler un peu de soupe au jeune homme qui s’arracha difficilement à son sommeil pour obtempérer, avant de se rendormir. Et le manège reprit deux heures plus tard. Wayne ne lui laissait pas vraiment de répit et s’entêtait à le faire boire régulièrement pour lui éviter de se déshydrater. Il lui fallait également redescendre fréquemment pour renvoyer les quelques clients qui tentaient d’entrer malgré l’annonce de la fermeture exceptionnelle. Il accepta de lui ficher la paix et d’arrêter de s’agiter aux alentours de minuit, pour s’accorder lui-même quelques heures de sommeil. Après s'être débarrassé de sa chemise, il tira un drap sur le corps meurtri de Danhiel qui s’était tourné sur son flanc, lui présentant son dos. Poussant un soupir las, le barman finit par venir se blottir contre lui, un bras replié sous sa tête, l'autre enroulé autour de la taille du garçon qui ronflait doucement. Tout ça dans le seul but de lui tenir chaud, bien évidemment…
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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Mar 24 Avr - 19:41

Dormir, juste ça. 
Je ne demande pas la paix dans le monde, l'égalité pour tous ou ce genre de connerie, je veux juste dormir. Rien que ça. Mes paupières se referment d'elles mêmes sur mes yeux brûlants. Elles me semblent si lourdes que même si l'envie m'en prenait, ce qui est loin d'être le cas, je ne ne parviendrai pas à les ouvrir... Aucune plainte ne m'échappe alors que je sens un gouffre sans fond me happé... 
Au contraire, j'y plonge tête la première, sans aucune réticence, ni appréhension... 
Ce trou, c'est mon salut la fin de ma souffrance.
Quand mon corps entier percute cet océan sombre, un soupire d'aise m'échappe. Je n'ai plus mal, je ne ressens plus rien, c'est juste le pied. 
Un voile ténébreux m'empêche de penser, de me souvenir du pourquoi du comment. Je ne sais pas ce que je fais ici, je ne sais pas comme j'y suis arrivé, mais j'y suis bien, et je ne veux plus en repartir. 
Mon bien être, je le sens, dépend de cette ignorance. 

Une pression chaude presque brûlante et j'ouvre les yeux. La lumière m'aveugle, la douleur revient et m'oppresse jusqu'à m'étouffer. Je veux repousser l'origine de ce réveil forcé, mais je ne parviens même pas à lever le bras, je veux alors, parler, lui crier de partir, mais je ne suis pas vraiment sur d'y arriver.
De toute façon, à quoi bon ? L'inconscience est la, à porté de bras, je n'ai qu'à fermer mes paupières pour y retourner...
Chose que je ne tarde pas à faire. 
De nouveau c'est le pied. Mon monde à moi. Un néant attirant de par son vide absolu de sensation.
Une voix familière, des paroles violentes... Qu'est-ce ce qu'il dit ? Non, plutôt qui parle ? Je le connais... J'en suis sur...
Un effort.... 
"Ai la décence d'y mourir "... Non ! Non ! Stop ! 
Je ne veux pas plus, je ne veux pas me souvenir...
Quelle importance si je ne sais pas qui est la ? La voix à déjà disparu, et la réalité à moi, c'est dorénavant cette obscurité, où rien ne m'atteins, pas même la douleur. 

Sauf que visiblement, on s'acharne, on me ramène à la souffrance, à la peur, à la honte. On me ramène dans une vérité sinueuse où la torture règne en maître. Pourquoi on me fais ça ?! 
Je veux juste dormir.... Juste ça. On n'a pas le droit de me le refuser.
Je secoue la tête, je sens quelques larmes glisser et puis plus rien, jusqu'au prochain élan de raison. Je sais que j'ai quitté un sol froid pour quelque chose de plus chaud, plus confortable... Mais ces sensations sont synonyme de ressentie... Et je refuse tout contact avec le réel 

Oh, bien sur, je sens bien qu'on essaie de m'y ramener, qu'à nouveau on me parle, qu'on me demande des réactions... 
Je m'en fou, je passe outre, je me contente juste de faire ce qu'on attends de moi pour qu'on me laisse ensuite repartir.
Un liquide brûlant, une sensation chaude, et de nouveau le vide... Un vide qui dur qui se prolonge...

Enfin j'ai la paix.
Enfin.
... 
...
Aie.   
Putain, ça fait mal.

Une grimace puis une autre, doucement, mais bien trop rapidement à mon goût, je reprend pied. 
Chaque inspiration me ramène d'avantage dans une conscience douloureuse. Les questions s'effacent alors que mon esprit y répond, ramenant à chaque fois un nouveau souvenir. Tout se remet en place, tout s'emboite... Le puzzle s'assemble.
L'ignorant s'efface. 
Je sais, et parce que je sais, parce que je me rappelle, j'ai mal. 
Mon corps porte les traces de ma réminiscence. 

J'ouvre un œil, puis un autre. La lumière du soleil, déjà bien levé, m'arrache un soupir lasse, j'enfouis ma tête sous l'oreiller, passant ma langue sur mes lèvres. Il me faut bien plusieurs minutes pour me décider à affronter le jour... 
Une fois chose faite, je me redresse, parcourant la pièce bordélique du regard...
Je connais ici. Tilt. Wayne... Je le cherche mais il n'y a personne à part moi. Certaines choses sont encore floues, mais je ne préfère pas m'y attarder. 
Je tend le bras pour attraper les vêtements qui traînent au pied du lit. J'enfile le jean sans trop de difficulté, mais le tee-shirt me cause plus de difficulté, ce simple geste ramène à moi toute la violence des coups. Je passe une main sur mon front encore brûlant et pose mes pieds par terre.
Ma première tentative pour me relever est un échec, je me rétame la gueule sur le sol...
On respirer, et on recommence. C'est déjà mieux.
Je fais quelques pas dans l'appartement pas encore tout à fait assuré. Mais lentement, je reprends habitude à la douleur... Suffisant pour ouvrir la porte et descendre les escaliers sans tomber comme une merde. 
J'entends du bruit, des éclats de voix, juste derrière la seconde porte que je n'ose pas encore pousser. 
Je ne sais pas ce qui m'attends dans la salle d'à côté, mais je sais que ça n'aura plus rien à voir avec l'inconscience. Il y aura Wayne, j'en suis sur. Wayne et sa série de questions légitimes. Il voudra savoir, il voudra comprendre, il voudra aussi un nom. 
Je ferme les yeux juste quelques secondes et je me décide.

Il est trop tard, maintenant, pour fuir le réel. 
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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Mar 24 Avr - 21:20

Le brouhaha du bar avait empêché le lycan d’entendre les pas de son jeune protéger dans les escaliers et il fallut que Kurt lui donne un coup de moignon pour qu’il remarque sa présence.

« On dirait qu’ta Cendrillon s’lève enfin »
« Revois tes classiques mon vieux » rit Wayne en lui donnant à son tour quelques tapes sur les épaules, se sentant subitement plus léger.

Il abandonna le manchot au bar et s’avança pour rejoindre Danhiel qui s’était immobilisé, certainement mis mal à l’aise par les regards des clients qui pesaient sur lui et les quelques verres qui furent levés en son nom. Wayne avait essayé de se montrer discret, mais une fois qu’il avait un coup dans le nez, Kurt devenait affreusement bavard et la rumeur avait vite circulé sur la présence d’un petit humain blessé, alité par le gérant du Hairy Dog à l’étage au-dessus de son bar. Heureusement, aucun SUNH n’avait semblait-il eut vent de l’affaire ou du moins, ils ne s’y étaient pas intéressés.
Wayne passa un bras autour des épaules du gamin au regard encore un peu vitreux et frotta son poing sur le sommet de son crâne pour terminer de le décoiffer. Dans l’état où étaient ses cheveux de toute façon… Au moins il aurait une bonne excuse pour être dépeigné.

« Tu t’sens mieux ? » demanda le lycan sans pour autant attendre de réponse à sa question. D’ailleurs, il ne laissa pas vraiment le temps à l’adolescent de répondre et préféra l’entrainer vers le comptoir en reprenant déjà la parole « T’as dormi un peu plus de 48 heures tu sais ? Nan, t’en sais rien, tu dormais, haha ! Vas-y, assieds-toi là, je vais demander à Monica de te préparer quelque chose. Pancakes ça te va ? MONICA !! »

Le gamin eut un mouvement de recule lorsqu’il lui hurla dans les oreilles, mais Wayne le maintenait toujours par l’épaule, l’empêchant de s’éloigner. Le temps que la cuistot de service cet après-midi sorte de la petite cuisine où elle officiait, le loup avait obligé Danhiel à poser ses fesses sur l’un des tabourets, juste à côté de Kurt qui tenait absolument à lui serrer la main et prendre de ses nouvelles.

« Monica, prépare des pancakes pour le petit. Avec de la crème, du sirop, du beurre et puis fais-lui un café. Tu bois du café ? Prépare un café quand même et du jus d’orange ! Fais-lui cuire un œuf et du bacon aussi ! »
« Ce sera tout, Votre Majesté ? »
« Ce sera tout ! » ricana le barman qui, décidément, se sentait d’humeur joyeuse.
« Dis donc, tu lui sors le grand jeu ! J’ai jamais eu droit à tout ça moi »
« C’est parce que tu es laid comme un pou Russell »
« P’tit con » grogna Russell en s’éloignant pour retourner se poster près du jukebox.

Wayne s’installa sur un tabouret aux côtés du gamin, un large sourire satisfait aux lèvres.

« T’as meilleure mine. Comment tu t’sens ? » l’interrogea-t-il, attendant une réponse cette fois.


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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Mar 24 Avr - 21:54

Okay...
Alors pour le coup, en voyant tous ses regards posés sur moi, ces mines presque réjouit alors que d'autres trinquent pour moi, je doute sérieusement d'être de retour parmi les vivants. Je dois être en train de rêver d'un monde qui tournerait un peu plus rond, d'un monde où les Lycans trinqueront pour les hommes, et où les hommes trinqueront pour les Lycans. Un monde où les cuites seraient une loi et où la sobriété serait sévèrement puni par prise obligatoire de pinte de bière... Et... O miracle, un monde où Wayne serai de bonne humeur et où ses premiers mots ne seraient pas pour un énième serment, ou un discours dénué de morale...
Wayne sourit... Putain, c'est clair, la je rêve.

Je me frotte les yeux, un geste un peu trop enfantins qui m'assure pourtant que tout cela est bien réel et que dans les rêves la douleur n'a, de toute façon, pas d'emprise.
Bon... Alors choix numéro deux, Wayne est bourré, ou drogué ou... Ou alors Wayne n'a jamais été un putain de sadique moqueur, sans âme et sans cœur qui n'agit que dans son propre intérêt ou pour se racheter d'une dette imaginaire envers ma mère....
Bah merde, ça fait un peu trop à digérer pour un réveil comateux.
Bien décidé à ne pas me prendre la tête pour le moment, je me contente d'hausser les épaules pour moi même, avant que le bras du loup ne vienne s'y enrouler.
Je suis sidéré par sa bonne humeur et fasse à son sourire, mon cœur loupe un battement.

Je me reprend bien vite, essayant de couper court à ce dérapage, mais il ne me laisse pas vraiment le temps de lui répondre et m'entraîne vers le bar tout en parlant avec un débit impressionnant... À moins que ce ne soit moi qui tourne au ralentie, ce qui serait aussi, fort probable.
Mon cul se pose sur un tabouret, ce qui soulage considérablement mes jambes et les quelques bleus qui s'y trouvent...
Kurt me serre la main et pour la première fois depuis longtemps, une éternité pour moi, j'ai un sourire franc.
C'est con, mais je suis content de revoir le manchot.

- t'a quand même meilleur tête P'tit homme.

J'hoche la dite tête alors qu'il relâche enfin ma main.
- ça fait plaisir à voir, j'payerai bien ma tournée si le bar était pas remplie d'ivrogne et que notre barman acceptait de te servir un verre.

Dit il après un clin d'oeil presque complice.

Je me mordille la lèvre sous un nouveau sourire alors que mon ventre grogne d'impatience... J'ai clairement entendu ce qu'on va me servir pour le petit dej' et ça me convient parfaitement. A present que je remets à plus tard tout ce qui pourrait me nouer l'estomac, le moral radieux de Wayne aidant, je meurs de faim.
Lorsque le gérant du Hairy Dog reporte son attention sur moi, je me doute bien, que cette fois si, je n'échapperais pas à quelques questions...

- ça va... Ça picote encore un peu, mais j'ai l'habitude, ça passera...


Ça picote est clairement un euphémisme, mais J'suis un homme et la douleur, je peux supporter, surtout que ce n'est pas la première fois...
Histoire de couper court à un potentiel interrogatoire et surtout pour annoncer directement la couleur, je reprend bien vite la parole.

- J'ai.... Enfin... Je n'ai pas d'argent pour tout ça... J'pourrai payer hein... Mais plus tard... Et...

Je me mord doucement la lèvre inférieure avant de reprendre.
- merci.

Mes lèvres se posent sur sa joue, près de la commissure des siennes. La seconde d'après, je m'étire légèrement pour chasser l'engourdissement qui contrôle encore mon corps.


Dernière édition par Danhiel O. Ludwig le Mer 25 Avr - 15:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Mer 25 Avr - 0:14

« Ça picote hein… » répéta Wayne, un sourire dansant sur ses lèvres.

S’il se fiait à sa démarche et l’état de ses blessures qu’il avait examinées ce matin encore avant d’aller ouvrir le Hairy Dog, le lycan n’était pas certain que ce terme soit le plus approprié. Une coupure de papier picotait sans doute, mais les blessures qui meurtrissaient sa peau blafarde n’avaient absolument rien à voir avec ça. Il ignorait encore ce qui était à l’origine de ces coups et plaies qui balafrait son corps, mais celui qui s’en était prit à l’adolescent avait voulu faire mal et réussit son coup... Et plus le temps passait, plus le gérant du bar qui l’avait pris en charge chez lui en venait à se dire que, s’il ne savait pas quel objet était responsable de tels maux, il devinait qui en était l’auteur.
Thomass Ludwig n’avait pas fait que négliger son fils après le décès de sa femme, ça lui paraissait à présent évident. Mais Wayne attendait encore confirmation de la bouche même de sa jeune victime. Il devrait sans doute la jouer fine, l’amener à se confier subtilement, en douceur, pour ne pas risquer que Danhiel se mette encore à jouer les huitres. Comme tous les adolescents dignes de ce nom, il était susceptible, fragile, à fleur de peau… Et comme la plupart des enfants malmenés, il avait l’impression d’appartenir totalement à son bourreau et ne le livrerait sans doute pas facilement. Mais Wayne savait ruser et, même si la patience n’était pas sa plus évidente qualité, il savait qu’il parviendrait à ses fins.

Il ne s’appesantit pas sur ces pensées cela dit, s’intéressant aux états d’âmes du gamin qui se sentait redevable. Wayne ne pouvait s’empêcher de trouver ce retournement de situation amusant, voir jouissif. Il y a quelques temps encore, Doll lui criait qu’il ne lui devait rien, que sa pitié ne l’intéressait pas, et à présent, il se confondait en excuses parce qu’il n’avait aucun moyen de rembourser sa propre dette à son égard…
Le lycan allait protester quand, une fois encore, Danhiel le surprit en venant déposer un baiser au coin de ses lèvres.

« Woh ! Eh ben… Prenez une chambre ! »
« La ferme, Russ’ » marmonna Wayne en jetant un regard accusateur au lycan avant de redonner son attention à Dan, les sourcils légèrement froncés par l’incompréhension.

Ça pour un revirement de situation…
Un silence un peu gêné s’installa mais Wayne retrouva rapidement son insolente assurance et pivota sur son siège pour s’adosser au comptoir. Il s’y accouda, laissant ses mains pendre mollement dans le vide, un sourire flottant sur ses lèvres pendant qu’il observait son bar bondé. C’était une excellente journée et le réveille de Danhiel l’avait soulagé plus qu’il ne l’aurait imaginé. Il avait fait du bon boulot avec lui, assurément.
Le lycanthrope tourna la tête vers lui de nouveau et reprit la parole d’un ton léger.

« On parlera remboursement plus tard. Je préfère être payé en nature et service de toute façon… »
« J’ai connu une fille qui se faisait payer en nature » glissa Kurt d’un ton entendu.
« Ta sœur ? J’l’ai connue aussi. Elle est aussi moche que toi cela dit ! »
« Un jour, quelqu’un te fera fermer ta grande gueule Wayne »
« Beaucoup s’y sont déjà essayé, mais j’ai vraiment une très, très grande gueule. Faudrait sûrement qu’ils s’y mettent à plusieurs » plaisanta le barman avant de se redresser soudainement pour plaquer sa main sur le front de l’adolescent « T’as encore un peu d'fièvre. Je vais te filer quelque chose »

Et l’instant suivant, il était sur ses pieds pour aller chercher quelques médicaments au gamin.
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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Mer 25 Avr - 14:42

- ouais... Juste un peu.

Je refuse de m'attarder d'avantage sur la douleur de toute façon. Hors de question d'accorder plus d'importance à ce qu'il m'a fait. Souffrir sous ses coups, c'est... Lui donner un pouvoir supplémentaire... Ou une connerie du genre.
Et ça me ramène à des humeurs moins jovials.
Alors un soupir, et je passe à autre chose... Aux remerciements qui s'impose.

Ce baiser n'avait train de mal, ni d'ambigu ou de quoi que ce soit d'autre. Je l'avais fait avec la même innocence que celle que j'avais déposé sur son épaule, dix ans plus tôt.
Y'avais pas autre chose derrière... Mais j'avais oublié où j'étais. J'ai plus 6ans, je ne suis pas dans le cabinet de ma mère, je suis entouré de loup, et Wayne a grandit.
Et entre adulte, y'a pas de baiser innocent...
J'hausse les épaules, rien à foutre de leur valeur de vieux, j'embrasse qui je veux d'abord. Lui ou un autre, et je me fais payer quand ça me plaie, nah.

C'est impressionnant comment le barman semble avoir changé du tout au tout... Ça me désarme totalement, et j'ai bien du mal à le faire coller aux étiquettes que je lui avais mise. J'ai même du mal à lui en vouloir pour tout le cinéma qu'il a fait la semaine dernière, pour le SUNH, pour mon père...
Je secoue la tête me refusant à me rappeler, j'aime mon ignorance au final.
En tout cas, pour le moment.
D'une oreille distraite, j'écoutes les conversations, nettement plus concentré sur les odeurs de nourriture qui me parviennent que par les blablas environnants.
Mon ventre se tord presque sous la faim et j'ai l'impression de rien avoir mangé depuis bien trop longtemps. Ma bouche s'ouvre légèrement et se referme, alors que le parfum du bacon, me tire un soupir d'impatience.

Sursaut. Wayne plaque sa main sur mon front et me tire de mes rêves caloriques, causant au passage une montée d'adrénaline, réflexe con, mais réflexe quand même je me protège le visage de mon bras...

- hein ? Ah... Oui... La fièvre....


Ce n'était pas pour me frapper... Putain quel con... Je referme quelques secondes les yeux, et calme mon cœur.
Zen...

- Doucement, P'tit homme, j'ai encore jamais vu Wayne frapper un gosse...

Lâcha Kurt après quelques secondes.
Je secoue juste la tête en guise de réponse. Je me sens suffisamment stupide comme ça.
Le manchot se tait, mais je devine sans aucun mal ses questions, je finis par me redresser, refusant même de lui laisser entrevoir la vérité, j'ai bien trop honte.

- Je suis juste tombé, c'est tout ! J'ai trébuché dans les escaliers, y'a pas de quoi être curieux !


Il lève la main l'air de dire qu'il n'a justement rien dit.
Je soupir bruyamment et m'éloigne du bar, j'vais aller fumer une clope dehors, ça me fera pas de mal.
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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Mer 25 Avr - 16:14

« C'est parce que, Dieu merci, t'es pas constamment avec moi, Kurt ! » cria Wayne qui avait entendu la remarque du lycan pendant qu'il se dirigeait vers la boite d'aspirine dans la cuisine.

Il jeta un coup d’œil en direction de Monica et des plats qu'elle préparait amoureusement pour le jeune humain qui était un peu devenu leur mascotte depuis deux jours qu'il créchait à l'étage. Monica elle-même l'avait veillé une ou deux heures par-ci par là. Elle s'était même portée volontaire pour faire sa toilette, au gant, lorsque le besoin s'en était fait sentir. Wayne n'était pas gêné de le faire, mais il ne savait pas vraiment ce que le gamin aurait préféré, ne pouvait pas le lui demander et, dans le doute, avait laissé une femme s'en charger.
Il ignorait si Danhiel serait sensible à ce genre d'attention, étant gigolo, mais ça avait été important pour le barman qui se félicitait de son choix et de respecter la pudeur du gamin. Enfin plus ou moins, il avait bien fallut qu'il le déshabille pour panser la totalité de ses plaies et s'assurer qu'il n'en avait pas d'autres, infectés. Ça avait été un soulagement (façon de parler) de ne trouver des marques qu'à des endroits "ordinaires".
Son oreille à l'ouïe affinée se tendit lorsqu'il reconnut la voix de l'adolescent s'élever pour expliquer justement la provenance de ses coups. La chute classique dans l'escalier : il aurait pu faire mieux tout de même.

« Ouais. C'est vrai qu'il y a pas mal d'escaliers couverts de morceaux d'verres, capables de taillader la peau fragile d'un gringalet comme toi ! Nous autres ont peu marcher sur les braises sans rien sentir, alors on a tendance à oublier qu'vous êtes en sucre » grogna Kurt, vraisemblablement vexé que le môme lui sorte un bobard si minable « Tu m'excuseras, j'préfères aller pisser plutôt qu'entendre ces conneries ! ...Et j'prends mon verre ! On s'méfie jamais assez des p'tit merdeux d'humains avec leur gueule d'ange ! »

Et toc !

Un sourire étira les lèvres de Wayne qui déposa deux cachets sur le plateau qu'il destinait à Danhiel. Il le laissa mariner seul au bar durant quelques minutes encore, le temps de récupérer l'assiette que préparait sa cuisinière.

« J'pourrais aller l'embrasser le p'tit ? » demanda la grande black au crâne rasé, mâchonnant distraitement un chewing-gum, sa spatule dans sa main manucurée avec le plus grand soin.

Quand elle ne bossait pas pour lui d'ailleurs, elle arrondissait ses fins de mois en peinturlurant des ongles et en coiffant quelques bonnes femmes aussi pipelettes qu'elle pouvait l'être. Il l'avait engagée il y a quelques mois de cela, alors qu'elle était sans le sous, mise à la porte par un petit ami violent qui en avait eu assez d'avoir à la violer pour coucher avec et s'était dégoté une nouvelle femme à briser, de près de dix ans sa cadette. Monica avait toujours voulu avoir des gosses mais avait appris quelques temps après ses fiançailles (avec un autre type beaucoup plus réglo que le dernier petit ami en date) qu'elle était stérile. Ça l'avait détruite et ça avait mis fin à leur relation. Depuis, elle enchainait les déboires, mais était en passe de remonter la pente.
Wayne aimait à penser que c'était un peu grâce à lui...

« Bien sûr que tu pourras ! En fait, avec le p'tit dej' que tu lui prépares, c'est même ce p'tit con qui devrait te sauter au cou ! S'il le fait pas, je lui botterai personnellement l'arrière train ! ...Enfin je le pousserai dans un escalier » glissa-t-il à la trentenaire qui n'était pas dupe non plus et savait de quoi elle parlait.
« Faudrait castrer le malade qui lui a fait ça ! Comme t'as fait avec ce con de Rodriguo ! T'es pas d'accord ? »
« Je sais pas comment on castre un escalier » lança Wayne en revenant vers le bar, s'assurant que Dan capte cette dernière réplique, avant de plonger son regard dans le sien.

Un regard qui lui disait clairement qu'on ne la lui faisait pas, même s'il continuait de lui sourire. Il s'approcha de lui, de l'autre côté du comptoir cette fois et déposa le plateau entre eux.

« Et voilà mon bon Prince ! T'as intérêt d'honorer la cuisine de Monica, sinon c'est toi qu'elle fera mijoter... » lui sourit-il dans un clin d'oeil moqueur, avant de désigner la grande black qui était restée un peu retrait, dans l'attente d'un jugement sur sa cuisine.
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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Mer 25 Avr - 17:18

Et voilà. La honte assomme à coup de pelle ma bonne humeur, et enterre toute sensation euphorique. Je déglutie, essayant d’avaler la boule qui se forme au creux de ma gorge et qui m’empêche de plus en plus de respirer. Je ne peux pas leur dire, je ne peux pas avouer ce qui s’est vraiment passé. Wayne aura forcément un sourire moqueur, peut-être qu’il lui donnera raison. Qu’il me virera de son bar, comme mon père m’a viré de la maison. Ça serait de retour à la case squatte. Le froids, la peur, la faim… Plus violente et vivace que celle qui me tenaille actuellement… Je secoue la tête, repoussant cette éventualité, mais la honte reste.
Elle me colle à la peau, sans plus me lâcher, m’étouffant peu à peu dans une étreinte glaciale.
La ceinture qui se lève, qui s’abat sur ma chair, la peau qui cède, le sang qui rigole de la plaie pour souiller ma peau. La douleur…
Et ça recommence, encore et encore, et encore.
Combien de fois j’ai pu le supplier pour que la souffrance se taise ? Combien de promesse je lui ai faîte pour qu’il arrête ? Combien j’en ai tenu pour qu’il ne recommence plus ?
Je ne sais pas. Je ne sais plus. Mais ça ne lui a jamais suffi. Parce que tôt ou tard, il recommençait, toujours parce que j’avais été trop loin, que j’avais nuis à sa réputation qu’il chérissait tant.

- C’est ça ouais, en sucre.


Je serre le poing, cherchant une cigarette dans ma poche, mais ce n’est pas mon pantalon… Alors y’a pas l’ombre d’un paquet. Je soupire, me redresse pour me rasseoir, me mordillant nerveusement la lèvre. Je tire sur les manches du haut qui suffise même pas à cacher les premiers bleus avant de me relever pour la troisième fois pour mieux reposer mon cul la seconde d’après.
Putain, putain, PUTAIN…
Je me refuse à chialer, c’est hors de question. Je papillonne des yeux, referme les paupières, et serre le poing, ça passera. Je le sais, ça va passer.
Suffit juste que je ne pleure pas, que j’étouffe cette honte…
Sauf que… Wayne en rajoute une couche. Encore. Je devine au ton de sa voix, toute la moquerie qu’il camoufle à peine… C’est ça, castrer un escalier, fou toi encore de ma gueule.
Il joue à quoi ? Il va me faire croire qu’il comptait me venger ? Je lui ai rien demandé, et je ne lui demanderai rien. De une parce que je l’ai mérité, de deux parce que j’ai bien trop peur qui lui donne raison

- C’est ma faute si je suis tombé.


Finis je toute manière par dire, alors que nos regards se croisent. C’est moi qui finit par détourner le regard, encore cette foutue honte qui me ronge.
Mes yeux azurs se posent sur le plateau… Je pensais ne plus avoir faim, mais quand l’odeur me parvient en plein de le nez, mon ventre se réveiller et je passe outre la nausée qui me saisit à chaque fois que je repense à cette nuit là.
Je délaisse le plateau, quelques secondes, pour regarder la dîte Monica, qui étrangement me dit quelque chose. Je réfléchis et quelques brides arrivent. Rapides flash. J’ai eu quelques sursauts de conscience durant ces deux jours. Quelques rapides retours à la réalité que je fuyais à grand renfort de néant et d’ignorance. Je crois l’avoir vu durant mes périodes très brèves de lucidité… Mais je n’en suis pas sûr, j’invente surement.
Je lui souris avant de m’attaquer à son plat. Je mange rapidement, très rapidement, engloutissant pancake et bacon sans grande distinction.

- C’est délichieux.
Fis je la bouche encore pleine, avalant à grand renfort d’eau. Merchi !!

Je crois que je n’avais rien mangé d’aussi bon depuis longtemps. Je découpe l’œuf, le jaune se répands dans tout l’assiette, et souille les pancakes… Je déglutie, sans trop savoir pourquoi mais ça me ramène à des images moins glamour…
Je serre mes doigts autour de la fourchette et repousse doucement le plateau. J’ai callé bien trop rapidement à mon gout.

- C’était vraiment bon.


Je suis pas sûr d’avoir gouté à tout, mais je ne pourrais pas en avaler d’avantage, la nausée me serre la gorge aussi tangiblement que les doigts de mon père quelques jours plus tôt.
Je remarque les cachets sur le bord, mais n’y touche pas pour autant, la maintenant, c’est plus de la poudre blanche que je me prendrai.
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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Mer 25 Avr - 18:02

Wayne avait continué de fixer le gamin un moment encore, comme s'il essayait de lire en lui. Sauf qu'il connaissait déjà l'œuvre complète, ou presque, et connaissait déjà les réponses aux questions qu'il devrait quand même poser, pour la forme. Et pour avoir confirmation aussi, mieux valait ne jamais se baser sur des "on dits" et des impressions qui pouvaient se révéler traitresses. Le temps des questionnements n'était cela dit pas encore arrivé et le barman ne voulait pas braquer l'adolescent dès son réveille. Ça aurait été trop con de le voir se tirer en quelques secondes après deux jours passé à le veiller, s'acharner pour faire baisser sa fièvre et combattre l'infection qui le rongeait. D'ailleurs, il n'y avait pas que ça qui rongeait Danhiel... certaines privations n'avaient fait qu'empirer son état déjà précaire. Son petit séjour à l'étage supérieur avait également fait office de sevrage, mais le gamin n'était pas encore tout à fait tirer d'affaire de ce point de vue là, Wayne le savait parfaitement. Son but était donc de le garder au chaud et en sécurité, à porté de regard, le plus longtemps possible.

Pendant que l'adolescent commençait à se nourrir, le barman s'éloigna pour reprendre son poste. Il débarrassa quelques tables, se mêla à quelques conversations (dont certaines, discrètes, tournaient justement autour du gosse), avala quelques frites ça et là et servit quelques verres. Son regard azuré finissaient invariablement par se porter en direction de l'adolescent dont il avait implicitement confié la garde à Monica.
La cuistot avait finit par se rapprocher pour le regarder manger avec plaisir et, une fois qu'il eut repoussé son plateau, elle vint déposer un bécot humide sur sa joue, comme elle souhaitait le faire depuis un moment.

« Ça fait plaisir de t'voir manger d'si bon appétit ! T'as foutu la trouille au boss, et crois-moi, on le voit pas souvent s'inquiéter pour quelqu'un d'autre que lui ! ...Enfin il s'inquiète pour tout le monde mais d'habitude il le cache bien mieux qu'ça ! Dis, vous vous êtes rencontrés où ? Tu serais pas son frère ou un truc comme ça ? »
« Nan, il a pas d'frère » intervint Kurt qui était revenu s'asseoir à droite de Danhiel entre temps, et semblait avoir mis sa vexation de côté.
« Bah qu'est-ce que j'en sais moi ! C'est pas comme s'il était causant... Alors t'es qui si t'es pas son frère ? »

Wayne poussa un soupir et retourna fureter du côté du bar, faisant mine d'être accaparé par ses occupations. Il n'avait rien manqué de l'échange évidemment et espérait que Kurt saurait tenir sa langue. Il n'était pas encore assez ivre pour bavarder de trop, mais dans l'excitation du moment, il pouvait toujours lâcher des informations compromettantes...

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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Mer 25 Avr - 18:51

Mes doigts se posent sur ma joue après qu’elle est embrassée doucement ma peau. Y’avait combien de temps que ça ne m’étais pas arrivé ça ? Oh bien sûr, la dernière fois qu’on m’a roulé une pelle remonte à un peu moins de deux semaines, mais c’était uniquement dans le but de m’écarter les cuisses la minute d’après. Là, c’était… C’était innocent. Y’avait aucun enjeu derrière y’avait rien qu’elle ne voulait obtenir, y’avait rien qu’elle avait à vendre ou à acheter. C’était juste comme ça.
Sans arrière penser.
Et cette douceur, après la violence que j’ai connue, bah putain, ça fait du bien. Mais je tuerai plutôt que de l’avouer, parce que je ne suis plus un gosse, et que je n’ai pas besoin de câlin ou d’attention du genre. Et ce depuis le jour où ma mère est partie.
Du coup, la boule qui me nouait le ventre se desserre un peu et me permet de respirer plus sereinement, et même de dessiner un sourire sur mes lèvres rosées.

- C’est parce que c’était délicieux !


Wayne… Inquiet pour moi ? Mon regard se glisse sur lui. Il a toujours ce petit sourire sur les lèvres, comme si rien ne l’atteignait, comme si il se moquait de tous et de tout… J’ai du mal à l’imaginer stressé, inquiet ou nerveux. Surtout pour moi.
Quoique… J’ai quand même passé les deux derniers jours dans son pieu. Il m’a soigné, et changé régulièrement mes bandages si j’en juge par leur état impeccable.
Il ne m’a pas encore jeté dehors, ne pas réclamé quoique ce soit, et continue même à veiller sur moi. Pourquoi il fait ça, putain ?
Je fais tant pitié que ça ?
Je secoue la tête, dessinant avec le bout de ma fourchette dans le jaune d’œuf quelques formes sans suite logiques.
Je connais rien sur Wayne quand on y pense... JUste qu'il venait voir ma mère dans son cabinet et qu'il ne voit plus sa famille mortelle... Je l'ai su en fouillant dans la paperasse de sa psy, mais je n'ai jamais osé fouiller d'avantage.

- Il connaissait ma mère.


Finis je par simplement dire, égarant ma main dans mes cheveux. Au regard qu’ils échangent, y’a pas besoin d’être devin pour savoir qu’ils on tiltés sur le passé. Ouais et elle est morte, et vous savez la meilleure ? J’suis sûr que si un Lycan avait pas eu sa peau, c’est mon père qui l’aurait tuer, un jour ou l’autre.
Je finis par me redresser et quitter mon siège, j’ai vraiment besoin d’une pause clope là. Ou truc bien fort capable de m’envoyer très loin de tout ce que réveille chacune des marques qui me brûlent la chair.

- Je… reviens. Je vais prendre un peu l’air… Histoire de… M’aérer


A c’est sûr que je suis convaincant là, au moins autant qu’avec cette putain d’histoire de porte que je me suis prise, ou d’escaliers que j’ai dévalé, je ne sais même plus quel mensonge je leur ai sortie pour le coup. Qu’importe, de toute façon, personne ne l’a cru, va sans doute falloir que je trouve mieux. Un client ou une connerie du genre, ça collera à l’image que le gérant du Hairy Dog doit avoir de moi, et on ne viendra pas me faire chier avec d’avantage de question, auxquelles je ne veux pas répondre de toute manière…
Je soupir légèrement, le lycan est occupé à une table avec des clients, Monica et Kurt discutent entre eux, à voix basse… Et moi je vais aller taxer mon quota de nicotine à un inconnu…
Quoique quitte à sortir autant aller un peu plus dans le District 7 pour trouver un Dealer… J’suis sûr qu’Alejandro acceptera de me faire crédit. Et si il veut pas, j’ai toujours un moyen rapide de me faire quelques tunes.

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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Mer 25 Avr - 19:20

Le sourire du lycan s'effrita un peu lorsqu'il capta une once de douleur dans le ton du garçon lorsqu'il évoqua sa mère. Ça ne dura qu'une fraction de seconde, pas assez pour que Lee, le client qu'il écoutait bavasser de l'autre côté du comptoir ne remarque quoi que ce soit et ne prenne la peine de s'interrompre pour lui demander de ce qui clochait. Il continua d'astiquer distraitement la surface humide et boisée du bar, prêtant l'oreille à ce qui se disait à l'autre bout, entre Danhiel et les deux autres. Enfin pour le moment, les deux autres ne disaient rien, se contentant de s'entreregarder, interloqués.
Alors que le silence se prolongeait (du moins de leur côté du bar, puisque Lee en avait décidément gros sur le coeur), l'adolescent se leva de son tabouret pour prétexter avoir besoin de prendre l'air. Ou plutôt : prétexter qu'il comptait revenir. Wayne le voyait parfaitement quitter le Hairy Dog, mais il l'imaginait moins repasser la porte dans les dix minutes, revigoré par l'air froid qui tenait les moins courageux à l'intérieur depuis une bonne semaine, quand la pluie ne s'en chargeait pas.
Mais qu'est-ce qu'il pouvait dire pour le retenir ? Jusque là, le gérant du bar avait disposé d'une excellente excuse pour garder Doll entre quatre mur et avoir l'oeil sur lui : il était blessé, inconscient la plupart du temps, et avait besoin d'être nourris puisqu'il était incapable de le faire seul. Sauf qu'à présent, il tenait sur ses jambes, avait avalé de la bouffe solide, sans l'aide de personne et sa fièvre était pratiquement retombé. S'il l'empêchait de sortir, il ne serait plus son héros mais son kidnappeur... Ça n'était pas vraiment le but de la manœuvre. Et il n'y avait rien de tel qu'une porte fermé pour vous inciter à vouloir sortir.

Mais il fut arraché à ses réflexions intenses (oui, il avait totalement décroché du discours interminable de Lee qui de toute façon, s'écoutait parfaitement tout seul parler de sa copine chiante lui reprochant son manque d'attention) par les voix de Kurt et Monica qui menaient un drôle de débat. Enfin pas tant que ça quand on repensait à la formulation du môme. Wayne tourna un regard totalement blasé dans leur direction, rejetant son torchon sur son épaule alors que Danhiel quittait le bar.

« C'est impossible j'te dis, ça voudrait dire qu'il avait quoi... quatorze ans quand il l'a eu ? »
« J'en sais rien, j'sais pas quel âge a le petit. Et puis ce serait bien l'genre de Wayne de mentir sur son âge... Tu sais, pour mieux appâter les nanas »
« Rah j'sais pas trop, c't'affaire est louche ! Mais ça expliquerait... »
« Vous êtes deux imbéciles » les coupa le lycan en contournant le comptoir pour emboiter le pas à Doll « D'une part pour imaginer que je ne peux pas vous entendre de là où je suis et ensuite, de croire une histoire pareille ! J'ai connu sa mère à mon arrivée ici et il était déjà né à mon arrivé ici. C'est pas mon gosse et, non, je ne mens pas sur mon âge pour appâter les nanas »

Sur ces mots, il poussa la porte du Hairy Dog, cherchant le gamin des yeux. Il n'avait pas été très loin et Wayne le rattrapa sans mal, se fixant à son pas.

« Hey ! Où tu crois aller avec mes fringues ? »

le gamin se retourna, sourcils froncés, yeux un peu humides, mais le lycanthrope fit mine de ne rien remarquer et enchaina.

« J'plaisante pour les fringues, mais tu devrais pas trop t'aventurer dehors, c'est pas prudent dans ton état, même si t'as l'impression d'aller mieux. J'voudrai pas m'être donné du mal pour rien, tu piges ? »

Pourquoi n'arrivait-il pas à s'en empêcher ? Pourquoi fallait-il constamment qu'il joue les gros cons nombrilistes dans son sillage ?
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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Mer 25 Avr - 19:56

- Y’a quand même une ressemblance… Lâche le manchot en les regardants tours à tour, décidant que oui, y’avait définitivement quelque chose de louche sous cette histoire, et que la version de Monica se tenait bien plus que celle donné par Wayne.

Moi je ne les écoutais même pas… J’étais déjà dans mon optique de m’aérer le crâne à coup de seringue en allant retrouver Alejandro…
Et je serai encore dans ma petite bulle, si Wayne ne m’avait pas rejoint et prit la parole pour débiter… des saloperies.

Sale con…
C’est vraiment un putain de sale con à la con. Tout ça il ne l’a pas fait pour moi, mais bien pour lui. C’était pour son égo, pour pouvoir continuer à se regarder dans la glace sans avoir à détourner le regard, il voulait juste se racheter une conscience, peut-être même faire bonne figure auprès de ses clients, ou racheter sa lâcheté face à Cee. C’est ça, ou tout autre connerie du genre…
ça fait toujours mal de ce voir instrumentalisé, surtout pour le nombril d'un autre.
Merde à la fin, j’suis vraiment naïf d’avoir cru qu’il puisse faire ça… Juste comme ça. Mes poings se serrent légèrement, alors que je croise son habituel petit sourire moqueur.
Okay… Tu sais quoi ? Va te faire foutre.
Je me recule légèrement et retire SON pull et SON jean sans aucune pudeur, ni même hésitation. Rien à battre que les passants (rares ) puisse voir mon corps, ça me gêne un peu plus pour les plaies et bleus, mais la plupart sont bandés. Je reste juste en boxer, le sien en l’occurrence, mais si il me fait d’avantage chier, je le retirai avec la même facilité.

- Voilà pour tes fringues.


Je les balances contre son torse. Oh que oui je vais me tirer, même à moitié à poil. Je préfère encore ça que de servir son égo surdimensionné. J'esquisse même les premiers, secouant la tête pour moi-même, putain, connard.
Je me suis encore emporté, et j’ai laissé ma niaiserie prendre le dessus sur la réalité, faut que j’arrête. Vraiment.

- Je te rembourserai le Boxer, la bouffe et le reste, ne t’en fais pour ça, je te rembourserai même le temps que tu as passé à t’occuper de moi, histoire que tu n’es pas fait ça pour rien


Jouant sur l’effet de surprise qui, au vu de sa tête, est… Totale, je lui passe devant et quitte le devant de son bar. J’avais sous-estimé le froid, mais la colère ça tient super chaud, et c’est surtout, beaucoup plus facile à assumer, que la tristesse qui se cache derrière.
Quant à savoir où je vais aller, c’est une question qui reste encore à régler.

A l’intérieur du bar, y’a que Kurt qui se marre, tout seul, en finissant son verre, il s'était rapproché de la porte avec Monica pour les épier l'air de rien

- Je l’aime bien moi ce p’tit homme là.
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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Mer 25 Avr - 20:33

Non mais... quel petit CON !

La patience de Wayne avait été plus que mise à l'épreuve depuis qu'il avait recroisé la route de l'adolescent il y a quelques semaines de cela. Elle avait été testée, approuvée et recommandée par les plus grandes marques, au moins ! Mais là, Danhiel venait de faire tomber les derniers remparts que le lycan avait bâtit entre lui et la colère. Il s'était longtemps raisonné, ne souhaitant pas répondre à la violence par la violence, ne voulant pas céder à la facilité comme l'avait fait tous les adultes dans l'entourage du garçon. Mais Doll était clairement un emmerdeur de première qui ne savait pas ce qu'il voulait, ce qui était bon pour lui et qui n'avait absolument aucune reconnaissance.
Il ne cautionnait pas le geste de son père (si c'était bien lui le responsable de tout ça) ou l'attitude de cet enfoiré de Cécile qui purgeait sa peine il ne savait où, mais assurément : Wayne pouvait les comprendre. Lever la main et l'abattre froidement sur le visage déformé par la colère et la bêtise du gosse était beaucoup plus simple que rester impassible et encaisser sans raison. Et puis une bonne claque, ça faisait circuler le sang, non ? Même son propre père qui n'était pas un homme particulièrement violent l'avait giflé un ou deux fois pour lui faire entendre raison.

« Sale petit MERDEUX ! » vagit Wayne en jetant les affaires qu'il avait dans les bras sur le sol détrempé, accélérant l'allure pour rattraper sans mal le gamin.

Il avait bien tenté de le fuir, mais il avait suffit de quelques enjambées au barman pour le rattraper par le bras et le tirer en arrière. Ses mains se refermèrent alors sans douceur sur les bras déjà marqués du gamin qu'il secoua comme un prunier, l'éclat de ses yeux ayant soudainement pris une teinte étrange, caractéristique des lycans.

« Non mais PUTAIN ! Dans quel monde est-ce que tu vies ? » l'apostropha-t-il en finissant de le secouer, préférant le pousser en arrière.

Danhiel battit une seconde des bras avant de se retrouver les fesses dans une flaque d'eau boueuse. C'qu'il pouvait avoir l'air con, quasiment à poil, le cul dans la flotte avec cet air rebelle du type qui s'assumait parfaitement et s'enfonçait dans sa bêtise !

« Où est-ce que tu crois aller dans cette tenue ? t'es complètement RIDICULE ! J'ne ai connu des imbéciles pourtant, crois-moi ! Des types complètement défoncés au crack, des mecs bourrés qui se donnaient en spectacle mais alors TOI! ...Toi tu décroches le titre d'idiot de l'année ! Merde t'as été fini à l'urine ou quoi ? T'as trop snifé de colle ? Qu'est-ce que t'as pris pour te griller les neurones à ce POINT ? » le questionna Wayne en levant les bras au ciel pour mieux traduire son effarement « Je t'ai déjà dis que t'étais pas à DisneyLand ici ! Tu peux te faire bouffer par ce monde ! Littéralement BOUFFER ! Tu comprends ce que je dis ? »

Nan, cet imbécile ne comprenais rien, tout ce qu'il voulait c'était se lever et lui montrer de quel bois il se chauffait. En boxer. Est-ce que Wayne avait déjà précisé qu'il était totalement RIDICULE ?!

« MERDE, Danhiel !! T'as dix-sept ans, à quoi tu joues ? T'es plus un môme, t'es en âge de comprendre que t'as PAS ce qu'il faut pour survivre là dehors tout seul ! T'as besoin de moi, tu piges ? Non, t'as besoin de te TIRER ! Te tirer et jamais revenir trainer dans le coin ! Profite du blé de ton père et casse-toi ! Va vivre ta vie loin de toute cette merde tant que tu le peux encore ! Qu'est-ce que tu cherches à prouver ? Qu'est-ce que tu cherches ? Tu veux te faire mordre ? Tu veux te faire buter ? Si tu crois que c'est ce que tu veux, alors pense encore ! Pense encore parce que ça crève les yeux que tu détestes ce que tu fais, ce que tu deviens et ce que je suis ! T'as pas les épaules pour encaisser tout ça, t'es qu'un gamin capricieux ! T'as pas les épaules pour cette vie là, tu piges ? Alors arrête de jouer les durs, tu trompes personne, même pas toi ! »


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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Mer 25 Avr - 21:17

Y’a des vérités qu’on ne veut pas entendre. Des vérités qu’on sait pertinemment, mais qu’on enterre sous les premiers trucs qui passent. Alcool, drogue, sexe pour certain taff pour d’autre. La pelle diffère d’une personne à une autre, mais on a tous un truc pour se voiler la face, pour cacher ce qu’on est loin d’ignorer. Et si y’a une chose qu’on est loin d’apprécier, c’est qu’on nous la balance en pleine gueule.
Surtout quand on se sait aussi ridicule, aussi risible, aussi pathétique.
Les larmes souillent mes joues à chacun de ses mots, qui me lacèrent l’esprit avec autant de force que les coups de ceinture de mon père. Ça fait mal putain, tellement que je préfère encore me retrouver dans l’inconscience que de continuer à l’écouter. Mais je n’ai pas le choix, rien ni personne ne viendra me sauver de son putain de discours moralisateur…
Alors il continue et il dérive, ses mots perdent de leur sens, je comprends plus, je ne veux plus entendre, je ne veux plus.
Ça sonne faux, ce n’est pas moi, ce n’est pas possible, simplement pas possible.

- Je ne partirai pas d’entends ?!!!! Je continuerai à trainer mon cul dans ce putain de quartier et aucun de tes discours n’y changera quoique ce soit !!!


Les larmes dévalent sur mes joues alors que je me redresse tant bien que mal. Je tremble autant de froid que de colère, ou que de tristesse. Y’a tout qui se mèlange en moi. Toutes les sensations, toutes les émotions, tous les ressentis… La tête me tourne et mon cœur fait battre mes tempes.
J’oublie qu’on est dans la rue, j’oublie qu’on est dehors, j’oublie tout… Tout sauf pourquoi je suis encore ici, pourquoi je reviens, pourquoi je reviendrai toujours.

- Je ne pourrai pas partir tant que je ne saurai pas ce qui lui est arrivé ! MERDE ! Je ne peux pas, okay ?! J’ai besoin de mettre un visage sur l’ordure qui lui est tombé dessus alors qu’elle rentrait, j’ai besoin de savoir pourquoi. Y’a personne qui s’en soucie, tout le monde s’en fou, elle n’est qu’un nom parmi d’autre, mais elle mérite mieux que ça. Beaucoup mieux que cette putain d’indifférence !


J’arrive finalement à me redresser, essuyant d’un revers de bras, les larmes qui obstruent ma vue.

- Tu as pu retourner à ta petite vie, comme si de rien, comme tout le monde après sa mort, comme si elle n’avait pas eu d’importance, mais je ne peux pas… J’préfère crever ici que de laisser son assassin impuni. Je préfère crever en essayant que vivre sans m’en soucier. Et ne t’en fais pas pour moi, je sais très bien ce que je risque… Mon père s’en est assuré en m’emmenant avec lui à la morgue. Je sais ce que je risque ALORS ME FAIT PLUS CHIER AVEC CA !


Je m’appuie contre le mur froid. Je ne pourrai jamais oublier, jamais… Il devait être 6heures du matin quand il m’a rejoint dans ma chambre, je n’avais pas dormi de la nuit, assimilant difficilement le faîte que je ne la reverrai plus… Jamais…
ll m’a dit de m’habiller de me dépêcher, il m’a dit qu’on allait la voir, j’y ai tellement cru putain… Et effectivement on l’a vu… Son visage… Son corps… ou du moins ce qu’il en restait… et le sourire de mon père, ce putain de sourire moqueur qu’il affichait… semblable à celui de Wayne.

- Fou le camp maintenant… Tu as essayé, tu as fait suffisamment pour dormir tranquille ce soir. Mais le reste, le reste ça ne te concerne pas
.
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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Mer 25 Avr - 22:18

Son cœur cognait à tout rompre sans sa cage thoracique qui se soulevait à intervalle régulier, au rythme de son souffle rendu coup par l’agacement. Il savait qu’il ne pouvait pas totalement se laisser aller et céder à ses pulsions, sous peine de franchir le pas. Ce pas que le lycanthrope détestait franchir et le contraignait à se confronter à l’Autre, la Bête. La plupart du temps, Elle se tenait tranquille, quémandait un peu de viande sanglante qu’il lui servait sans rechigner et continuait de dormir paisiblement quelque part en lui. Rares étaient les êtres qui, comme lui, donnait une identité propre à l’animal qu’ils étaient et préférait le considéré comme un allié, un ennemi, un jumeau qui les protégeait la plupart du temps mais qui, d’autres fois, les obligeait à commettre des actes qu’ils ne parvenaient pas à lui pardonner. Wayne n’avait jamais tué. La Bête ? C’était une autre histoire… Une histoire déplaisante qu’il n’aimait pas raconter et à laquelle il évitait de penser.
Il ne pouvait pas la laisser sortir et se défouler sur l’adolescent, aussi insupportable soit-il.
Cela dit, le gérant du Hairy Dog ne tarda pas vraiment à décolérer et, peu à peu, son pouls redevint plus régulier, ses battements moins offensifs. La Bête avait à peine eut le temps de dresser les oreilles, curieuse, attentive et affamée, que déjà, les pleurs silencieux du garçon l’avait rendormie…

Il se sentait stupide à présent. De s’être donné en spectacle de la sorte, juste après avoir reproché au gamin de le faire, mais également de ne pas avoir compris. Il était pris d’une envie folle de se frapper le front du plat de la main en s’insultant, mais il aurait eu l’air encore plus idiot sans aucun doute…
Wayne se contenta donc de rester planté sur ses jambes au milieu de la rue heureusement déserte, son regard qu’il essayait de ne pas rendre trop honteux, voyageant sur le corps couvert d’ecchymoses et de bandages du gamin vers son visage larmoyant, s’attardant sur ses yeux… Leur éclat était déchirant. Soutenir son regard était impossible à Wayne.
Comment pouvait-on vouloir faire mal à ce gosse ? Comment pouvait-on le faire alors que d’un simple regard, il pouvait vous mettre à genoux ? Pourtant, le barman en avait presque été réduit à lever la main sur lui. Il se sentait morveux, terriblement stupide, cruel. Il regrettait chaque mot prononcé et ce qu’ils avaient déclenché chez le garçon.
Au fond il avait toujours su pourquoi il faisait ça, il avait simplement choisi de ne pas l’entendre, de ne surtout rien voir pour ne pas avoir à se souvenir et à en souffrir. Cantara avait raison : il était un lâche doublé d’un égoïste insensible…

« Danhiel… »

Sa voix n’avait pas porté plus haut qu’un murmure. Ce gamin le déstabilisait totalement et les souvenir qu’il faisait remonter… Sa gorge était affreusement nouée, son cerveau se vidait alors que son cœur s’alourdissait lamentablement. En fait, il était tombé au fond de son estomac. Sinon comment expliquer que tout ce qu’il avait avalé depuis le levé du soleil soit remonté si vite, comment expliquer ses nausées ?
Wayn avait mille choses à dire mais il savait qu’il n’arriverait pas à prononcer un seul mot. C’était trop intime. Beaucoup trop. Pourtant il avait le sentiment que s’il ne parlait pas, s’il ne s’expliquait pas, n’essayait pas de rassurer le gamin, il ne le reverrait jamais. C’était maintenant ou jamais.
Et Wayne ne voulait pas le perdre. Il avait perdu Norha et tous les autres, c’était déjà trop. Il ne supporterait pas de le voir quitter sa vie. Il s’était perdu lui-même à cette époque et à présent…

Lentement, le lycan s’approcha du mur sur lequel l’adolescent s’était appuyé, relevant les manches de sa chemise blanche. Il se posta face à lui sans un mot, lui présentant ses avants bras immaculés l’espace de quelques secondes.

« On ne marque pas. J’t’ai dis que j’aimais pas les cicatrices et c’est vrai, je les hais et je suis reconnaissant pour cette capacité qu’on a à s’auto-régénérer. Si c’était pas le cas, tu verrais des marques, juste là… ou bien tu ne verrais rien parce que je ne serai plus d’ce monde » expliqua-t-il, essayant de ne pas trop réfléchir aux mots qu’il employait, sans quoi il déciderait probablement plutôt de se taire « Quand ta mère est morte, je suis pas retourné à ma petite vie, j’ai essayé d’y mettre fin. Sauf que j’étais un monstre et qu’il faut apparemment plus qu’une stupide lame de rasoir pour tuer un monstre. J’ai coupé, encore et encore, et encore, et encore, jusqu’au levé du soleil. Mon propre corps luttait contre moi pour se maintenir en vie. Une vie dont je ne voulais absolument pas et qui n’était pas la mienne. Et puis finalement, j’ai arrêté de lutter… Je me suis dit qu’elle n’aurait pas aimé que je m’acharne autant et… Je n’ai pas oublié ta mère, Dan » soupira-t-il en laissant retomber ses bras le long de son corps « Ce n’est pas parce que je n’ai pas de marque physique du manque comme toi ou… Elle a compté pour moi, même si je sais que c’est pas comparable et… Je sais pas quoi te dire, ok ? Je crois juste qu’elle aurait pas voulu que tu t’acharnes autant » craqua-t-il finalement, impuissant, sa voix se brisant sur ces dernières phrases.

Inutile de parler de ce qu'il pensait du comportement immonde de son père. Ils parlaient de sa mère pour le moment... Du vide qu'elle avait laissé dans la vie du garçon, dans la sienne aussi. Encore une fois, ça n'était pas une douleur comparable, mais il voulait que Danhiel réalise qu'il n'était pas le seul à qui elle manquait.
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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Mer 25 Avr - 23:22

Y’a des choses qu’on n’oublie pas des images qui s’impriment avec force, à un point tel qu’en fermant les yeux, on continue à les voir. Elles se gravent dans la mémoire en lacérant au passage quelques morceaux d’esprit, et s’accrochent. Matin, midi, soir, elles sont là. Qu’on mange, qu’on douche, où même qu’on fort. Elles s’infiltrent partout, y compris dans vos rêves, les transformant en cauchemars glauques qui vous réveille en sursaut, dans un long cri d’angoisse.
Celles que j’ai de la morgue, celles que je garde de cette matinée, sont de celles-là. Dans la salle, tout était d’un calme effrayant, le décor semblait figé dans un froid glacial, et chaque objet métallique renforçait cette impression d’effroi. Le médecin était juste devant en blouse, main ganté. Ses yeux noirs, derrière ses petites lunettes rondes, dansaient entre mon père, habillé de son habituel costume sombre, moi et la table recouvert d’un drap blanc. Je cherchais ma mère des yeux, il avait dit qu’on avait la voir, et j’ai cru qu’elle serait là, qu’elle nous attendrait et qu’elle nous dirait que tout cela n’avait été qu’une mauvaise blague, à laquelle mon père avait participé. J’y ai cru, jusqu’au bout… Jusqu’à ce que le médecin légiste soulève le drap clair, ce n’est que là que j’ai remarqué les tâches de sang qui le parsemaient, elles étaient pourtant plus que visibles, rouges, écarlates, et si nombreuses. J’ai ouvert la bouche… Mais je l’ai bien vite refermé quand mon regard a glissé sur ce que cachait le drap. Mon cœur a juste cessé de battre… Et j’ai hurlé.
Même les gifles de mon père ne m’ont pas suffi à me faire taire.

Ma tête heurte légèrement le mur en brique. Une fois, deux fois, puis trois… Je veux chasser ces images, définitivement. Son visage ensanglanté qui devenait méconnaissable au sous le nez. Je veux une dose. Maintenant, tout de suite. Son corps déchiqueté, les doigts qui manquaient. Je veux ma came, ma poudre, et une seringue. Ma tête cogne de nouveau contre mon appui. Sa nuque, ses épaules, son bassin et… Puis plus rien…
« Danhiel »
Même si ce n’est qu’un murmure, sa voix me fait sursauter, mon regard s’encre de nouveau au sien, malgré les larmes, je devine parfaitement que quelques choses a changé, que ce soit dans son attitude, l’éclat dans ses yeux… Et alors je vois… Ou plutôt je ne vois plus.
Son sourire moqueur a disparu. Alors je regarde ses bras intacts, et je l’écoute. Et cette fois ci, chacun de ses mots font écho dans mon être.
Je ne suis pas le seul. Je ne suis pas le seul pour qui ma mère est compté, je ne suis pas le seul à l’avoir pleuré, je ne suis pas le seul à qui elle ait manqué.

- Alors pourquoi ? Pourquoi tu n’as rien fait pour savoir ce qui lui est arrivé ?


Je referme les yeux, alors que mon front se pose contre son torse. Mes bras ballant le long du corps.

- J’ai le droit de savoir… J’ai le devoir de la venger….


Les larmes roulent encore sur mes joues, et mon corps, transi par le froid et la douleur, tremble, faisant claquer mes dents. Mes doigts se referment sur sa chemise, alors qu’un sanglot m’échappe avant de se perdre. Je me mords la lèvre, aussi fort que je le peux quittes à faire perler le sang.
Je secoue la tête et me recule essuyant pour la énième fois mon regard embué par les larmes.

- Non, oublie. C’était une question stupide.


La pluie commence à tomber. D’abord quelques gouttes, puis elle se fait plus drue, plaquant mes cheveux noirs contre mon visage.
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MessageSujet: Re: A friend in need is a friend indeed (PV Danhiel)   Mer 25 Avr - 23:58

Le visage habituellement si serein du barman se tordit en une grimace désolé. Il ne savait pas quoi répondre à cette question, il ne savait pas quoi dire au gamin en larmes qui lui faisait face et le bouleversait. Il aurait aimé avoir une réponse toute faite à lui servir du genre : on a menacé de tuer ma famille si j’enquêtais ou bien lui sortir le coup classique du lavage de cerveau… Sauf que rien ne prendrait et que Wayne n’avait absolument aucune excuse. Il n’y avait pas pensé, tout simplement. Les lycanthropes étaient des monstres sanguinaires, des animaux sans conscience, c’était ce qui se disait partout dans le monde à cette époque là et l’adolescent qu’il était à l’époque n’avait eu qu’à les écouter et s’était laissé convaincre par cette explication toute bête. Le doc s’était trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, face au mauvais lycan et elle avait perdu la vie. Ca lui était arrivé à lui aussi, il savait de quoi il parlait. Toutes ces années, le gérant du bar s’était contenté de mettre ça sur le compte de la fatalité pour réussir à retrouver le sommeil et conserver sa raison intacte.
Il y était plus ou moins parvenu, si on oubliait l’épisode de la mutilation…
Ce matin là, il avait décidé de laisser tout ça derrière lui, de noyer ses problèmes, ses états d’âme et son ancienne vie dans la marre de sang coagulé dans laquelle il avait baigné toute la nuit. Il y était parvenu durant de longues années, jusqu’au retour de Danhiel dans sa vie. Ce petit con était décidément un emmerdeur de première.

Un emmerdeur de première tétanisé par le froid ambiant. Quelle idée de se foutre à poil par ce temps au milieu d’une rue qui aurait pu grouiller de lycans, d’humains et de membre de la SUNH ! Quelle idée de se jeter à corps perdu dans une quête de vérité idiote, malsaine, qui ne faisait que l’embourber dans un passé douloureux et sombre. Quelle idée de ne rien trouver de mieux à faire qu’offrir son corps aux bêtes immondes qui avaient dépecé le corps de sa maman…
Le pire dans tout ça restait que sa réaction était plutôt logique dans le fond. Peut-être que c’était sa réaction à lui qui avait été déplacée. En tout cas celle de son père l’était totalement et Wayne envisageait déjà quelques façons de la lui faire payer au centuple. Chaque coup…chaque larme versée… Il les lui ferait payer.

« Viens par là » murmura-t-il simplement en rattrapant le gamin pour le forcer à se blottir contre lui « J'suis désolé »

Pour tout. D’avoir abandonné les recherches avant même de les avoir commencé, pour s’être défoulé sur lui à l’instant, pour ne pas avoir cherché à le retrouver en apprenant le décès de sa mère, l’avoir fait pleurer, pour absolument tout ce qu’il avait fait et pas fait, dit ou pas dit.
Le gamin finit par lui rendre son étreinte maladroite, se collant certainement aussi un peu mieux à lui pour se réchauffer un peu… Ce qui était également le but de la manœuvre pour le lycan. Sauf qu’il était un radiateur, par un parapluie.

« On va rentrer par derrière » décréta-t-il ensuite, s’écartant de l’adolescent pour lui prendre la main et l’entrainer à sa suite « Attention, doit y avoir pas mal de bouts de verres par ici »

Il désigna les pieds nus du gamin de l’index avant de se diriger vers les vêtements qui trainaient encore au sol, les ramasser et guider l’adolescent vers la porte de derrière. Il lui colla les vêtements dans les bras à défaut de les lui faire renfiler puis reprit la parole, parlant un ton plus haut pour être entendu malgré la pluie battante qui cognait sur les couvercles des bennes à ordures.

« Elle s’ouvre de l’intérieur ! Je serai là dans une minute, t’as intérêt d'pas avoir bougé, sinon j’te ramène par la peau du cul ! »

Après une petite tape sur la joue de l’adolescent, il revint sur ses pas, pour passer la porte d’entrée, commander un Irish Coffee ASAP à Monica et courir vers la porte de derrière. Mieux valait que Danhiel soit mouillé quelques instants encore plutôt qu’avoir à supporter les regards des clients. Du moins c’était son avis.


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